Les ouvrières en grève à Fontaine-l’Évêque !

Beckaert-Cockerill, c’est deux usines : une en région wallonne à Fontaine-l’Évêque, et l’autre en région flamande à Hemixem. Dans le contexte de 1972, ce qu’il faut surtout retenir, c’est que Beckaert-Cockerill transfert une large part de ses activités vers son usine flamande au dépend des emplois ouvriers de Fontaine-l’Évêque !

Les chiffres sont très parlants : on passe d’environ 900 emplois pour l’usine fontainoise en 1973 à … 320 seulement dix ans plus tard. Et la proportions des femmes ouvrières décline drastiquement à cette période (passant de 200 travailleuses à une trentaine), alors-même qu’il est reconnu que les femmes avaient un bien meilleur rendement au sein de l’usine que leurs homologues masculins.

Afin de sauver leur emploi, 275 travailleurs et travailleuses se mettent en grève pendant 9 semaines dès le 18 août 1982 ! En octobre, la direction propose 3 options :

Le passage à 36h pour tout le monde avec perte de salaire

ou

Le licenciement de 13 personnes

ou

Le passage à temps partiel contraint pour toutes les femmes « non chefs de ménage »

(autrement dit, toutes les femmes)

Ce qui a été choisi …

Voyant que les commandes ne manquent pas dans les divisions dites « féminines », elles comprennent que cette mesure de passage à temps partiel contraint pour les postes féminins existe avant tout pour sauvegarder l’emploi masculin !

Refusant cet accord, elle pressent les délégués syndicaux de reprendre la négociation. Et finalement … 13 femmes seront licenciées ! Malgré la suppression de la mesure de temps partiel contraint, les ouvrières accusent le coup de la défaite.

Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

Les délégués syndicaux ont transformé la demande patronale de 13 licenciements (10 hommes et 3 femmes) par la suppression de 13 postes féminins. Fin novembre, elles constatent même avec étonnement et colère que des hommes occupent désormais les postes féminins tout en étant payés 30 à 40 francs en plus qu’elles de l’heure !

La discrimination qu’elles subissent, d’abord par le fait qu’elles soient les seules à être touchées par la proposition de diminution de leur temps de travail, puis par leur licenciement, contrevient à la loi de 1978 sur l’égalité de traitement entre les hommes et les femmes.

Les 13 licenciées continuent la lutte par des actions juridiques et politiques. Elle bénéficieront d’une forte médiatisation, ainsi que du soutien de l’opinion publique. Les femmes de la FGTB interpellent les instances, les femmes de la CSC lancent une pétition … Enfin, deux plaintes sont introduites devant le Tribunal du Travail de Charleroi en 1983.

Si je luge retient le motif du licenciement abusif, il balaye du revers de la main celui de la discrimination. Finalement, le dossier est clôturé et le combat s’arrête.

Après la conférence vient le temps des visites guidées !

« 1000 ans de luttes », c’est une visite insolite de la ville de Bruxelles, animée par brusselsbyfoot. C’est l’occasion de passer une journée ensemble, à la recherche des traces de luttes et d’émancipation d’une ville, et de faire le lien avec la conférence du 11 avril.

Sources de cet article :

Publié par ccfontaine

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